Comme l’année dernière, Nintendo présentait pendant trois jours l’intégralité – ou presque – de son line-up E3 2005.
Comme l’année dernière, Nintendo présentait pendant trois jours au mk2 Bibliothèque situé à quelques mètres de la Bibliothèque Nationale de France dans le 13ème arrondissement de Paris l’intégralité – ou presque – de son line-up E3. Si les développeurs eux-mêmes étaient totalement absents, ces trois jours ont eu un énorme avantage, laisser le temps aux journalistes d’essayer en longueur et dans le calme, sans la pression intense du salon californien, certains des futurs gros hits de la Gamecube ou de la Nintendo DS, avec bien sûr, loin en tête, les deux événements que furent Nintendogs et le nouveau Zelda.
La star de cette journée était évidemement Legend of Zelda : The Twilight Princess, le nouvel épisode des aventures de Link sur Gamecube, qui avait monopolisé à lui tout seule une sale entière et 4 moniteurs, dont deux écrans géants qui ne rendaient pas du tout justice aux graphismes soignés de ce jeu évidemment très attendu. C'était bien la version présentée à l'E3, en fait composée de chapitres épars et parfois sans relation les uns avec les autres, qu'il nous était proposée d'essayer. Le fait de ne pouvoir essayer le jeu en entier et de "débarquer" ainsi au milieu de séquences disparates - combat contre un boss plante dans un donjon, séquence aventure à Taoru, le village natal de Link, avec ce dernier habillé façon lutte gréco-romaine, un petit anneau à l'oreille, ou encore superbe moment d'action à cheval, une baston spectaculaire contre des ennemis montés sur des sangliers de guerre - rend très difficile toute supposition sur l'histoire, le déroulement du jeu, son intrigue.
Mais une fois le paddle en main, les réflexes sont bien là : A pour faire une roulade et cogner certains éléments de décor, B pour dégainer son épée et frapper, R pour se protéger de son bouclier, etc. Les grands classiques sont tous là, avec quelques grosses nouveautés : la possibilité de chevaucher Epona et de combattre en lui lardant les flancs de coups d'éperon pour aller plus vite, ou l'arrivée d'un petit singe, votre allié dans l'un des niveaux du jeu, qui vous aide à franchir un précipice en se pendant à l'envers à une corde et en vous saisissant par les mains, ou s'agite, nerveux, devant un piège ou un monstre. La version qui nous était montrée comportait même une séquence de duel, très chevaleresque, sur un pont étroit, Link devant désarçonner son adversaire avec une lance. S'il est bien sûr beaucoup trop tôt pour se faire un quelconque avis, ce Zelda Gamecube, avec son ambiance beaucoup plus adulte, ses graphismes travaillés, et son mélange de tradition et de nouveautés, a enchanté la plupart des visiteurs du salon. A peine remarquera-t-on la nouvelle caméra, parfois un peu délicate à gérer (vive la croix de direction), au niveau des griefs que l'on pourrait apporter à cette version non finalisée. Reste à élucider certains de ses plus grands mystères, comme la transformation de Link en loup, mais cela sera pour le mois de novembre...
Autre véritable vedette de la journée, le plus discret Nintendogs sur DS, déjà anticipé par beaucoup comme le prochain carton planétaire de papa Mario. Est-il utile de vous rappeler le concept de ce jeu attachant, entre tamagochi portable et version canine des Sims, dans lequel vous pourrez gérer et interagir avec jusqu'à 8 chiots, leur prodiguer soin et affection, grâce au stylet de la petite portable, mais aussi à son micro, puisque vous devrez apprendre à votre bestiole jsuqu'à son nom. Les deux papattes posées sur l'écran, quémandant des caresses, vos boules de poils attendrissantes ont tout du vrai petit clébard virtuel, et sont animés avec un réalisme bluffant, surtout quand vous jouez avec eu à la balle ou au freesbee. Comme de vrais chiens, il va vous falloir les nourrir, les cajeoler, les sortir, et leur donner un bain, dans une séquence de grat-grat interactive plutôt rigolote, le stylet étant mis à contribution pour toute les interactions avec l'animal : deux coups sur l'écran et il s'approche (des fois que vous ne voudriez pas l'appeler par son nom devant tout le monde assis dans votre RER), deux coups sur le corps et il est puni, quelques allers et retours sur sa truffe et il pétille de bonheur... Le gros argument marketing de Nintendogs étant bien sûr le mode Wi-Fi qui vous permettra d'interagir avec les chiens d'autres joueurs, même lors que la console est en veille, et d'échanger jouets, cadeaux et petits reniflages coquins. Un futur objet ultime de drague dans le métro et à l'école ? Réponse en octobre.
Parmi les nouveautés proposées, deux ont particulièrement retenu notre attention : Super Mario Strikers, tout d'abord, le jeu de foot de la Gamecube version Mario. Très proche de l'ancêtre Soccer Slam, Mario Strikers paraît de prime abord aussi limité que bordélique. Et puis, une fois le pad en main, la simplicité du gameplay fait son travail : touche A pour faire une passe, B pour tirer, avec la possibilité de "charger" son coup pour coller une grosse patate près des buts, Y pour tacler comme un gros bourrin façon match de hockey (les joueurs se donnent des coups de tête avec un bruit retentissant), R pour courir, X pour lâcher sur le terrain les items traditionnels (bombes, peaux de banane, carapaces, etc). Les tactiques sont accessibles, mais plutôt variées, et l'ambiance chauffe rapidement, Mario Strikers étant un petit concentré de bonheur et de fun, même pour un joueur totalement réfractaire à tout ce qui est football, comme votre serviteur. Le jeu sera-t-il aussi prenant sur le long terme, c'est la grosse question, d'autant que seul le mode VS était accessible sur la version présentée au mk2 Bibliothèque, version qui accusait par ailleurs quelques petits ralentissements. Outre la présence des stars de la firme, Mario Strikers était surtout l'occasion de retrouver l'excellence du gameplay cher à Nintendo, et si le jeu peut paraître de prime abord sans richesse, à voir comme le canapé n'a pas désempli de la journée, on peut sans peine parler d'un nouveau vainqueur pour occuper nos soirées d'hiver...